Die another day !

February 8, 2019

 

 

Die another day ou comment présenter la mort à petit feu de la richesse ornementale des arts décoratifs et se positionner à contre courant en cherchant justement à faire vivre l'ornementation.

 

 

En 1908, l'architecte viennois Adolf Loos prédit que "l'évolution de la culture est synonyme d'une disparition de l'ornement sur les objets d'usage". Avec l'Art Nouveau viennois, le style devient effectivement épuré, géométrique et "la machine à s'asseoir" de Josef Hoffman, figure emblématique de ce mouvement) apparaît comme un bel exemple de changement amené avec ce nouveau siècle.

 

 

"La machine à s'asseoir" de Josef Hoffman (1905)

 

Le Corbusier enfonce le clou en annonçant que "l'art décoratif moderne n'a pas de décor", établissant ainsi une corrélation entre modernité et minimalisme. Malgré cela, la décoration résiste et épouse la forme des objets, transformant ainsi les détails de jadis tantôt en grands ornements à l'instar du célèbre tabouret papillon de Sori Yanagi tantôt en éloge de la couleur comme la joyeuse bibliothèque Mexique de Charlotte Perriand.

 

Le tabouret papillon de Sori Yanagi (1956)

 

La bibliothèque Mexique de Charlotte Perriand (1952)

 

Dès 1950, les appareils du quotidien à l'instar des transistors deviennent de véritables chefs d'oeuvre de minimalisme comme ceux notamment conçus par Dieter Rams.

 

Poste de radio de l'allemand Dieter Rams (1958)

 

À partir des années 60, la couleur pénètre et domine tous les décors notamment grâce au plastique très en vogue et impossible d'oublier ces chers vieux mange disques de couleur orange et le design, jadis si masculin, se féminise en adoptant des formes et courbes sensuelles qui atteindront leur apogée dans les années 70.

 

 Mange disque Penny (1975)

 

Des lignes féminines pour une chaise issue des années 60 (crédit photo Loïc Thébaud)

 

En 1981, les Français découvrent le design scandinave avec l'ouverture du premier magasin IKEA à Bobigny avec le succès que l'on connaît puisque l'enseigne suédoise deviendra le numéro 1 du meuble en France en 2009 selon la FNAEM (Fédération française du Négoce de l'Ameublement et de l'Équipement de la Maison). Forts de leur popularité, les meubles en bois clair et au style épuré semblent enterrer chaque jour un peu plus l'ornementation française pour le plus grand plaisir des consommateurs gaulois.

 

Aujourd'hui, force est de constater que la mondialisation et la communication par Internet et les réseaux sociaux ont su effacer les stigmates nationaux avec une efficacité redoutable pour uniformiser les intérieurs à une échelle quasi planétaire. Désormais, que l'on habite Reykjavik, Londres ou Rome, tous les "homes sweet homes" se ressemblent. Certes, les décorations offrent de jolis intérieurs, mais elles restent dénuées de toute personnalisation tant elles nagent dans l'uniformisation et le conformisme esthétique.

 

 Un intérieur contemporain harmonieux mais sans âme (2018)

 

Néanmoins, les modes ne durant qu'un temps, chacun aura constaté une nouvelle tendance avec l'engouement récent pour le noyer et le retour de l'Art Déco qui flirte joliment avec la fantaisie. De là à annoncer que l'ornementation a la dent dure et ne semble pas près de mourir, l'avenir nous le dira...

 

Je reste cependant plein d'espoir face à ces changements, plus orientés vers le raffinement et l'élégance qui dictent constamment mon travail. Je n'ai de toute évidence jamais cherché à copier un style ou à épouser pleinement une tendance, et s'il fallait trouver une définition de mon style, elle tournerait certainement autour d'une identité française pour l'élégance, et des influences latines pour l'usage audacieux et généreux des couleurs,  avec comme lignes directrices le raffinement et l'invitation à l'onirisme par les thèmes et concepts que je propose.

 

Dans la rédaction d'un Avant Projet Sommaire, je ne conseille pas de casser tout l'habitat de mes clients, j'essaie au contraire de sauver au maximum ce qui témoigne du patrimoine, de l'histoire du lieu pour enrichir et personnaliser le projet qui prend alors de l'épaisseur et de l'originalité loin de tout résultat aseptisé.

 

Lors d'une visite chez un de mes clients (Jonathan et son blog très instructif Le Mâle Français), j'ai provoqué son étonnement en lui conseillant de ne pas casser les carreaux très années 70 de sa salle de bain et qu'il fallait même les valoriser en les confrontant à une peinture et une décoration très contemporaines pour mieux souligner ce patrimoine riche en émotions et souvenirs. À la recherche du temps perdu assurément, mais cette tentative proustienne, procure une invitation à se plonger dans le passé pour ne pas oublier nos racines et notre histoire une nouvelle fois (je vous invite à lire l'article de Jonathan sur mon travail).

 

Jonathan du Mâle Français dans une de ses dernières stories sur Instagram 

 

Pour terminer cet article, nul doute que le décorateur que je suis, au delà de la décoration, a avant tout comme mission celle d'être un conteur d'histoires avec comme corollaire toutes les émotions qui en découlent. Pour ce faire, les ornements, le mobilier et les accessoires rares et anciens, les mises en scène conceptuelles, la recherche d'originalité, d'inédit et le travail sur les associations chromatiques participent activement à cette quête esthétique.

 

Et vous, quel rapport entretenez-vous avec le passé et le patrimoine ? Quels besoins exprimez-vous en premier dans vos projets de décoration ?

 

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