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  • Olivier Francheteau

Décoration : quelles leçons tirer de la crise sanitaire ?


Chiner (tapisserie, guéridon et psyché) et associer avec du contemporain (banquette, luminaire, peinture murale) : une réussite esthétique et économique (crédit photo Sylvain Hart)


Comme vous le savez, tout décorateur ou architecte d’intérieur conçoit de beaux intérieurs, confortables et fonctionnels en jouant avec les volumes, la lumière, les couleurs, les matériaux et le mobilier savamment mis en scène, tout en répondant au cahier des charges de ses clients. Si le décorateur améliore la qualité de vie de ses clients en leur créant des cocons réconfortants, personnalisés, adaptés à leurs besoins, il doit aussi assumer d’autres nouveaux rôles directement liés à la crise de la Covid-19.

Conserver l'ancien (lavabo) et le valoriser par une confrontation avec des choix contemporains (douche, carreaux, miroir) (crédit photo Loïc Thébaud)


Cette crise sanitaire a effectivement révélé les failles de la mondialisation, les excès du capitalisme et notre responsabilité face à la pollution, la nature, la biodiversité et le climat. C’est un truisme de dire que nous consommons trop, nous le savons et malgré tout, chaque nouvelle saison nous invite à renouveler notre décoration ; mais de toute évidence le « slow living » devrait dominer les tendances après ces 8 semaines de confinement. Le développement durable, l’écologie et la solidarité nous paraissent désormais les piliers d’une nouvelle société à reconstruire et devraient nous amener à consommer moins et éviter le superflu. Ces derniers temps, nous avons tous nettoyé de fond en comble nos intérieurs pour tuer l’ennui et nous avons rangé nos placards comme jamais pour y découvrir tantôt des vêtements peu portés tantôt des objets divers peu indispensables à nos intérieurs. Fort de cette dynamique, le décorateur doit dorénavant aider ses clients à se concentrer sur l’essentiel donc consommer moins et à changer leur intérieur vers un minimalisme apaisant. Par ailleurs, proposer des alternatives plus durables voire plus éthiques conférera une valeur inédite à la décoration.

Aider l'artisanat français (lampe Ribbon de chez Habitat, 100% made in France)


De toute évidence, le décorateur influence l’achat de meubles. Ces acquisitions si elles sont qualitatives dureront assurément davantage et on pourra alors espérer voir moins de chaises, tables de chevet, etc, abandonnés sur les trottoirs. Aujourd’hui, en accord avec ces principes, le décorateur doit réapprendre à décorer dans une optique plus sobre, ce qui pourrait paraître un oxymore pour un professionnel de la décoration, mais son talent et ses compétences seront ainsi mis doublement à l’épreuve.

Privilégier le savoir faire local ou national (papier peint Ananbô, fabrication bordelaise) (crédit photo Meghann Stanley)


De nombreuses astuces existent pour modifier le style d'un espace à moindres frais économiques et écologiques. On peut donner l’impression de tout changer avec une nouvelle couleur sur les murs, en jouant sur les accessoires, en changeant la mise en scène du mobilier et l’accrochage des cadres ; un nouvel éclairage saura contribuer à renouveler l’ambiance des espaces à vivre, sans pour autant changer tout le mobilier. Ce dernier sera pérenne s’il est simple et discret. Si vraiment votre mobilier vous sort par les yeux, courrez aux Puces pour y rencontrer des brocanteurs et antiquaires, visitez des dépôts ventes, flânez aux vide greniers près de chez vous, allez chez Emmaüs ou dans une recyclerie comme le très sympathique Vintage et Créations à Nice qui redonne une seconde vie aux vieux postes de radio ; bref les opportunités pour chiner et acheter de l’occasion ne manquent pas.

Rajeunir le mobilier ancien (bureau) en le peignant avec une couleur contemporaine (crédit photo Marion Roudil)


Tous ces choix doivent impérativement être plus durables en étant vigilant sur la provenance des matériaux et du lieu de fabrication. Développement durable et éco friendly deviennent les maitres mots pour guider tout nouveau projet de décoration. Le dérèglement climatique et la diminution des ressources naturelles nous imposent cette révolution dans nos comportements. Tous les décorateurs et les architectes d’intérieur endossent une responsabilité pour réduire la consommation énergétique des intérieurs de nos clients grâce à des conseils avisés et pour soutenir l’économie locale qui a énormément souffert ces dernières semaines, soyons donc d’autant plus solidaires !

Soutenir les boutiques locales qui regorgent de talents et de créativité (applique Babalux, Nice)


Aujourd’hui nous ne savons pas encore comment nous vivrons dans les semaines et les mois à venir. Le Coronavirus a transformé nos intérieurs en salles de classes, de sport, bureaux, dancefloor, etc ce qui impacte indubitablement sur la perception de nos habitats pour en faire émerger de nouveaux besoins : se sentir en sécurité, s’isoler, éduquer, travailler et s’épanouir via la pratique de loisirs. Habitués à travailler à l’extérieur dans des bureaux et showrooms, à sortir dans des restaurants, cafés, musées, salles de concert, théâtres et cinémas, etc nous devons apprendre maintenant à reconsidérer nos appartements, maisons et villas pour y assouvir nos nouveaux modus vivendi dans les meilleures conditions.


Décorer un intérieur ne consiste donc pas seulement à embellir un espace mais à prendre en compte de nombreux paramètres pour un mieux être ressenti par le client. Des paramètres jadis techniques auxquels s’ajoutent aujourd’hui une dimension éthique, environnementale et solidaire. Comme en attestent les six photos ci-dessus d'anciens projets, j'ai pour ma part déjà assimilé ces changements depuis un certain temps, conférant ainsi à mon activité un véritable sentiment d'utilité environnementale.

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